"Sur le mont des vautours devant une assemblée innombrable, le bienheureux éleva et fit tourner une fleur d'Udumbara et cligna des yeux. Seul Mahakashyapa sourit. Le bienheureux dit alors, voici le trésor de l'œil de la Vraie Loi, le merveilleux coeur du Nirvana, je le confie à Mahakashyapa".

Ainsi commence l'un des plus beaux chapitres du Shobogenzo de Dogen. ainsi commence la transmission ininterrompue. Mais qu'est-ce que cela veut dire?

Une fleur dans la neige, une flamme dans l'espace.

Dans la neige , une simple fleur. La fleur de prunier. La fleur du Shobo, la fleur du vrai Dharma. Cette fleur transmise de Bouddha à Mahakashyapa est dans le maintenant, dans l'ici. Indistincte de vos visages. De tous vos visages ici présent. Confondue à vos pas.  Elle tournoie au centre de vos prunelles, dans le cristallin des constellations, dans la boue des chemins, l'habit des sans abris, le coeur des sans demeure. Elle ne choisit ni ne discrimine. La fleur est la nuit lumineuse qui coule sur les choses, la lumière obscure qui porte les formes de matin en matin. La fleur n'est pas transmise, quand les mains disparaissent, le corps-esprit s'efface, alors la fleur advient. Rêve dans le rêve. Dans la fleur, il n'y a plus du vôtre  ou de mien, de vous  ou de moi, plus d'êtres  illusionnés ou de Bouddhas, la fleur surgit et tourne d'elle-même. Dans la neige une simple fleur. Dans cette neige la fleur ne commence ni ne finit. Une neige-fleur , une fleur-neige. Le sourire de Mahashyapa n'est rien que cela, la fleur-neige elle-même.

La roue du Samsara tourne sans fin et la conscience traverse sans cesse les six royaumes. Illuminée par la pratique-réalisation, la totalité du Samsara n'est autre que la fleur elle-même.

Je n'ai pas reçu cette fleur, j'ai été reçu en elle, je n'ai rien transmis de visible, je n'ai  fait que transmettre et éclairer ce qui déjà emplissait vos mains. Le maître n'est même pas un passeur, soulevez son kesa vous ne trouverez personne, personne à qui transmettre et rien à transmettre. Ne cherchez pas ailleurs la voie des Bouddhas, un grand cercle de feu où tout brûle, et le temps et l'espace. Votre vie telle qu'elle. La fleur-neige de l'ainsi, rien que votre vie telle qu'elle. Telle qu'elle. Telle qu'elle. Ainsi. C'est la lumière dont parlent les vieux maîtres. Vous êtes la lumière même que vous cherchiez confusément.

Ici, ainsi, il n'y a plus de miroir, plus d'image, plus de visage. Les Bouddhas des trois temps se vêtent d'espace, le corps des Bouddha assis est traversé de temps. Chacun rencontré est fleur dans l'espace. Chaque phénomène est pétale dans les flammes, flocon de neige dansant dans la fournaise.

Une seule fleur-neige et tous les phénomènes s'ouvrent en pétales. 

Aujourd'hui, Dainin Joko et Myozan Kodo se dépouillent et entrent dans la grande pauvreté. Aujourd'hui ils se prosternent devant le plus petit, le plus souffrant d'entre nous. Recevoir la fleur de Shobo, c'est devenir fleur de pauvreté, actualiser le vaste corps des Bouddhas et Bodhisattvas et le jeter dans le brasier ardent et doux, abandonner sa vie et la mettre au service de tous les êtres sensibles.

Recevoir la fleur de Shobo, c'est devenir la fleur, une simple fleur dans la neige.

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"On the Mount of vultures to an innumerable assembly, Blessed rose and twirled a Udumbara flower and blinked. Only Mahakashyapa smiled. Blessed then said, here is the treasure of the eye of the True Law, the wonderful heart of Nirvana, I entrusted Mahakashyapa. "

So begins one of the most beautiful chapters of the Shobogenzo Dogen. begins the uninterrupted transmission. But what does that mean?

A flower in the snow, a flame in space.

In the snow, a single flower. Plum blossom. The flower of Shobo, the flower of the true Dharma. This flower transmitted from Buddha to Mahakashyapa is in the now, in the here. Indistinguishable from your faces. All of your faces here now. Your not confused. It spins in the center of your eyes, in the crystalline constellations, mud roads, the habit of the homeless, the heart without notice. She chooses nor discriminates. The flower is the bright night flowing on things, the dark light that carries the forms of morning morning. The flower is not transmitted when the hands go, the mind-body disappears, then the flower happens. Dream within a dream. In the flower, there is no longer yours or mine, to you or me, more deluded beings or Buddhas, the flower emerges and turns herself. In the snow a simple flower. In this snow the flower begins nor ends. A snow-flower, a flower snow. Smile Mahashyapa is nothing that the flower snow itself.

The wheel of Samsara endless turns and consciousness through the six realms continually. Illuminated by practice-realization, the entire Samsara is none other than the flower itself.

I have not received this flower, I was received into it, I have not sent visibly, I did that transmit and clarify what already filled your hands. The master is not even a smuggler, lift his kesa you will find no one, no one to transmit and nothing to transmit. Do not also looking towards the Buddhas, a large ring of fire where everything is burning, and time and space. Your life as it is. The flower of the snow as well, just as your life. As. As. As well. It is the light of which the old masters speak. You are the same light you are looking confusedly.

Here, as well, there is no mirror, the more image over face. The Buddhas of the three times will clothe space, the body of the seated Buddha is crossed time. Each flower is encountered in space. Each petal phenomenon is in flames, snowflake dancing in the furnace.

Single Flower snow and all the phenomena open petals.

Today Dainin Joko and Myozan Kodo are stripped and enter into extreme poverty. Today they bow down to the smallest, most of us suffer. Receive flower Shobo is to become flower poverty refresh the vast body of the Buddhas and Bodhisattvas and throw it into the fiery inferno, soft, and give his life to the service of all sentient beings.

Receive flower Shobo is to become the flower, a single flower in the snow.

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